Protestons contre les licenciements de Stéphane Guillon et Didier Porte

Comme vous le savez, Stéphane Guillon et Didier Porte ont été licenciés hier de France Inter.

Pour ceux qui ne sont pas au courant des faits, tout est bien résumé dans l’article de Libé du jour:

Je n’ai pas de mots pour exprimer mon dégoût à l’égard des dirigeants de France Inter, et je ne peux que m’opposer à ces pratiques d’un autre temps. Je n’écouterai plus France Inter.

Pour protester contre cette histoire honteuse, je vous invite à signer la pétition suivante:

Merci de vos relais.

Les cris

Le 6 mai 2007, à Saigon.

La vie est remplie de cris
Si bien que je l’écris
Je les dissèques et je les décris
Sèchement je les décrie
Haut et fort, je les crie.
Des cris de haine, et ceux que j’aime
Des cris de bébés
Ou le dernier du décédé
Des gens qui crient sur IRC.
Les crises, les crimes, les critiques
Tous ces bruits, toutes ces mimiques
Extraient, expurgent, exfolient.
Mais l’auteur en moi aime aussi les cris vains
Les cris simulés, les cris simagrées
Les cris d’acteur, les crissements de craie
Le chant des mouettes à la criée.
Je les choisis sur des critères spécifiques
Ce choix des cris est tout sauf automatique
On ne décrit pas un cri comme ça
On n’écrit pas un cri de sang froid
Criblé de mots, cristallisé d’idées
Des concepts acryliques sur du papier
Les cris dociles ne se font pas prier
Pour prendre forme en quelques lettres
Inaltérés ils entraînent les pieds
Les vers et les rimes, si bien que peut-être,
Les cris, j’en ferai mon métier.

Mémoire

Le 1er mai 2007, à Saigon.

On me conseille de t’oublier
De ne plus parler au passé.
Mais en partant tu as omis
Ces morceaux de nous dans ma vie
Qui me ramènent toujours à toi.

Ton parfum sur mon oreiller
Une chemise encore froissée
Tous ces lieux où l’on a vécu
Toutes ces personnes qui ont connu
Nos plus beaux jours ou nos combats.

Et même si les années passent
Si les détails souvent s’effacent
Il est des sensations tenaces
Comme des empreintes sur la glace.
Et même si bien d’autres veulent recouvrir
Ton ombre et tous nos souvenirs
Je vis toujours sans réagir
Le jour où je t’ai vu partir,
Le jour où je t’ai vu partir.

Bien sûr que les choses ont changé
Que notre histoire est enterrée
Que notre amour est révolu
Je n’avais pourtant pas prévu
Que tu me suivrais pas à pas.

Au creux de mes heures les plus sombres
Je ne m’enveloppe que de ton ombre
Je garde tout au fond de moi
Le désir d’être dans tes bras
Même si je ne devrais pas…

Oh, dis-moi, où puises-tu ta force
Où t’es-tu forgé ton écorce
Oh, dis-moi simplement pourquoi
Je suis le seul à vivre ça…