En regardant les étoiles…

Rien de plus banal, je l’ai fait des milliers de fois. Allumer sa cigarette, remonter son col. Il fait nuit, je suis sur mon balcon, quelque part dans le 15ème arrondissement de Paris. Je lève les yeux au ciel, et j’observe le tableau. Quelques étoiles brillent et des nuages forment des dessins mobiles.

Dès cet instant, mon cerveau calcule, recherche. Et toutes mes réflexions, mes sentiments, mes peurs ou mes rêves reviennent. Pourquoi, dès qu’on lève notre tête, notre âme s’éveille ? Ou plutôt, pourquoi levons-nous la tête pour faciliter cette démarche introspective ?
C’est ce que j’ai cherché à comprendre hier. Et j’ai finalement transcrit ma pensée par un schéma simple.

En état « naturel » si je puis dire, nous regardons devant nous, ou nous regardons le sol (en partie pour vérifier que nos pieds ne percutent pas un obstacle, dur ou mou). Le sol, la Terre, représente notre présent, notre quotidien et tout ce qui y est rattaché. C’est l’espace de l’action, de la vie de tous les jours, l’espace où se tissent nos relations, où se situe le matériel. Peu de place pour la réflexion ici.

Lever les yeux au ciel, c’est faire appel à deux espaces imaginaires, qui représentent d’une part le passé, et d’autre part le futur. Je m’explique.
Le ciel comme espace du passé peut être explicité par la symbolique des aïeux, souvent représentés par les étoiles. Étoiles que nous voyons dans le passé (rappelez-vous de vos cours sur la vitesse de la lumière). Prier le ciel, c’est donc aussi prier le passé, l’expérience et ce qui nous a créé et forgé. Un retour aux sources, au divin, au jugement de nos actes par une puissance céleste.
Mais le ciel est également un espace du futur, comme grand représentant de l’inconnu. L’univers, fantasme permanent et monde inexploré, source de toutes les possibilités et de toutes les craintes (Et si le ciel nous tombait sur la tête ? 😉 ). C’est le lieu du rêve, de la liberté (l’oiseau volant et planant au dessus de nos têtes, sans contrainte ni attachement avec la Terre).

Ainsi, lever les yeux au ciel, c’est invoquer à la fois son passé et son imagination du futur, afin de tenter d’apaiser les affres du présent. Et laisser sa douleur s’envoler, comme la fumée de ma cigarette, que j’écrase lentement dans mon cendrier, avant de rentrer sous mon toit, bien à l’abri des étoiles, dans un présent exigu.

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