J’ai quitté Paris (et je le vis bien) [4/5]

 

Meilleure offre de logement, meilleur système de transport, meilleur coût de la vie… Pour l’instant, il faut bien avouer que Lyon terrasse Paris. Ce quatrième article va-t-il permettre à la capitale d’inverser la tendance… rien n’est moins sûr. Aujourd’hui nous parlons de la vie sociale !

J’ai amélioré ma vie sociale

Lorsque l’on parle de vie sociale, il y a deux aspects à différencier. Celui qui concerne nos relations à notre entourage, nos amis, la famille, et les nouvelles connaissances que l’on peut se faire. Et puis il y a la vie sociale généraliste, c’est-à-dire les sorties, l’offre culturelle, les loisirs.

Je commence sur le premier aspect par un constat. J’ai vécu un peu plus de 4 ans à Paris, et la plupart de mes amis proches y étaient. Et bien paradoxalement, je ne les ai jamais si peu souvent vu. Paris est un annihilateur de lien social. Les raisons peuvent être multiples, mais d’une manière assez basique, on peut les résumer comme ci :

– la durée des trajets pour joindre un point A à un point B est un facteur de flemmardise impitoyable. Si notre bon ami Georges habite à Porte de Bagnolet et que nous habitons à Porte de Versailles, nous allons avoir un mal infini à se motiver pour le rejoindre à l’heure de l’apéro. Entre 50 et 55 minutes de trajet. Et je ne parle que de l’aller. Pour information, c’est le temps que je mets pour faire Saint-Étienne – Lyon en voiture. Autant dire, une éternité. Alors, on prétexte la fatigue…

– … qui n’est pas tant un prétexte que cela. Il faut avouer que les parisiens sont fatigués. Fatigués de la journée de travail et des trajets associés, fatigués des rustres du métro, fatigués par le stress ambiant. Aussi, une fois atteint le sacro-saint canapé convertible Ikea situé à 1m50 du micro-onde (15m2 oblige, relisez donc le premier article de la série), la motivation pour redescendre dans l’enfer semble lointaine, très lointaine.

– Mais Georges encore, ça va. Il est « intramuros ». Mais que dire de Joséphine ? Qui a choisi de s’exiler de l’autre côté du périphérique, dans la banlieue. Vous savez, cette couronne où l’on n’ose jamais poser les pieds, comme si après le périphérique, le métro risquait de s’enfoncer dans un précipice sans fin, si l’on risquait l’agression à tous les coins de rue, éclairés par des brasiers de voitures empilées. Brrr. Quelle folle-dingue cette Joséphine. Elle peut se la péter avec son 33m2 (un record !), en attendant, personne ne va plus la voir.

– Du coup, hop un verre à Châtelet après le boulot, voilà la solution ! Pas Trocadéro, pas Pigalle, pas Bercy Village. Non, Châtelet. CHA-TE-LET. Le centre. Plus central tu meurs. Argument imparable : ça arrange tout le monde. C’est moche et hors de prix, mais on s’en moque, on prendra un verre là et puis c’est tout. Et puis une petite heure, parce qu’on a quand même le trajet de retour à se taper. Yeah !

 

Je pourrais continuer à disserter sur le sujet longuement, parler du coup de barre du vendredi soir (« non, vraiment, je sortirai demain soir, là j’ai la semaine dans les pattes, je suis claqué ! »), ou de la folie des Noctiliens. Mais je crois que vous avez saisi le principal.

L’an dernier, je voyais régulièrement mes amis de Lyon puisque je descendais au moins une fois par mois pour donner un cours à l’IEP. Je les voyais plus régulièrement que certains de mes amis parisiens. Et eux m’expliquaient qu’ils se voyaient 2 à 3 fois par semaine minimum, easy. Ils habitent tous à 5 minutes les uns des autres, et à 5 minutes du centre. Easy. Depuis j’ai pu vérifier. C’est bien le cas. Et comme on a plus de temps, et plus d’argent, on se voit plus, plus souvent, et mieux. Yala. CQFD.

L’autre aspect pourrait être plus délicat. Culture, loisirs… comment concurrencer Paris ? C’est quand même sans compter sur le dynamisme de Lyon. OK, il y a globalement moins de choix. Mais, amis parisiens, profitez-vous de votre offre culturelle ? N’avez-vous pas l’impression de pouvoir sans pouvoir ? Lyon est une belle ville, avec ses nombreux bars et restaurants, ses musées renommés, ses théâtres, ses expos, ses salles de concerts, ses biennales et autres événements. Ses cinémas. J’ai même conservé ma carte UGC illimité, si parisienne. La montagne et la mer à 2h (ce ne serait pas à peu près le temps de trajet d’un Cergy – Marne la Vallée par hasard ?).

Bref, je continue de profiter. J’améliore grandement ma vie sociale en voyant ceux qui comptent pour moi. Cela permet de faire un bon tri. Et de se rapprocher de ceux qui sont importants. D’entretenir les liens. Et j’ai plus de temps pour profiter de cette belle ville. Comparé à mes 4 années parisiennes, il n’y a pas photo. Je vais mieux socialement, merci. Je ne papillonne plus de contacts en contacts, mais je me pose et butine entre amis.

Lyon 4 – Paris 0.

Lyonnais, un 6e article viendra proposer une petite sélection des meilleurs lieux à découvrir à Lyon. N’hésitez pas à commencer à en suggérer en commentaire ! Parisiens, parlez-nous de vos expériences sociales ! Et rendez-vous tous au prochain article, un petit final surprise pour cette série !

 

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