J’ai quitté Paris (et le vis bien) [5/5]

 

Amis, lecteurs. Nous y sommes. Il s’agit du dernier opus de cette série comparative Paris vs Lyon. Nous avons parlé logement, qualité de vie, coût de la vie et vie sociale. Lyon mène à l’heure de jeu 4-0. Il reste cette cinquième et dernière manche, qui vient conclure l’exercice (même si il y aura un petit article complémentaire, comme promis, pour lister quelques bons coins lyonnais). Et nous allons finalement boucler la boucle. Prêts ? C’est parti.

Je peux me remettre à aimer Paris

Les lecteurs habituels se rappelleront du texte de rupture qui avait précédé mon départ de Paris. Nous nous sommes quittés un peu en froid, malgré les températures estivales de l’époque, et, sur mes débuts lyonnais, je dois bien avouer avoir tenu un discours proche du « plus jamais ! ». Néanmoins, la vie est ce qu’elle est, et il a bien fallu me résoudre à revenir, pour des raisons professionnelles principalement.

C’est au travers de ces retours imposés que l’évidence est venue : vivre à Lyon est la meilleure occasion d’aimer Paris. Tous les arguments négatifs exposés les jours et semaines précédentes volent en éclat dès lors que l’on n’habite pas la capitale. Je me retrouve désormais dans la peau du touriste, du voyageur de passage, de l’anonyme. Malgré ma capacité à aiguiller le premier japonais perdu, à slalomer dans les couloirs nauséabonds du métro sans poser mes yeux sur les panneaux, à estimer mentalement mon retard à chaque déplacement, le constat est implacable : je ne suis plus parisien. Et cela se matérialise visuellement par le process le plus humiliant qui soit, à savoir insérer un ticket de métro dans les portiques. Impossible de faire genre, tu n’as pas le Navigo, t’es pas un parigot. Pan dans ta face.

Mais cela ne m’empêche pas d’avoir le sourire aux lèvres une fois sorti du dédale chateletique, car oui, oui mesdames messieurs, oui, j’aime Paris. J’aime Paris parce que je peux enfin en jouir. Mes déplacements courts me permettent d’organiser mes rendez-vous amicaux, et j’ai plaisir à revoir mes anciens camarades cernés (et en profiter pour vanter Lyon, tel un VRP au service de l’attractivité résidentielle du territoire). Une sortie culturelle sur un weekend est envisageable, je peux –quelle audace !- esquisser dans mon esprit la frivole idée de me faire un musée. Ou même un restaurant. Quel fifou je fais…

Je suis à 2h de Paris, elle n’a jamais été aussi accessible, aussi attirante, aussi facile. Elle se présente sous son meilleur jour, et se pimploche pour m’accueillir. Mes amis et anciens collègues ont tous eu la même réaction : tu sembles plus épanoui, tu as bonne mine, etc. Bah ouais mec, je vis mieux, ça fait 4 articles que je te le dis ! Lyon est ma ville désormais, je ne sais pas pour combien de temps, mais en tout cas, je profite. Je quitte alors Paris pour retourner dans mon cocon, bien rassasié de parisianeries, juste ce qu’il faut pour que cela reste agréable. Et je laisse aux franciliens les inconvénients (désolé hein).

Alors oui, j’ai quitté Paris et je le vis bien. Je le vis même très bien. Le choix n’a vraiment pas été facile, mais je ne le regrette pas une seconde. Il a suffit juste de reculer légèrement, et de sauter. Me convaincre que si, c’était possible de vivre ailleurs. Et au moment du choix, je n’étais pas aussi convaincu que je le suis aujourd’hui. Il faut parfois se forcer à avancer. Tenter d’inconnu. Sauter dans le vide. Se lancer. Car, avouons-le une bonne fois pour toute… on ne vit qu’une fois. YOLO man !

Crédit photographique : Sofi Gamache 

 

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