Les changements de Février

Tout d’abord désolé de ce silence prolongé, mais j’avais fort à faire entre les travaux du M2, le travail et le projet mystérieux qui commence à prendre forme.

Je reviens aujourd’hui pour vous faire part de deux grands changements.
Tout d’abord, le plus visible, le blog a (encore) changé. Ce thème me semble plus clair, plus simple et plus pratique à modifier que le précédent. La première page permet de bien voir les articles, alors que la disposition par catégorie habituelle est passée dans la page « Posts! ». Bref, j’espère que la nouvelle disposition vous plait 🙂

Le deuxième changement me concerne plus particulièrement. Je l’ai décidé en début de mois, je ne l’ai pas communiqué depuis (ou très peu). J’ai pris la décision de ne pas renouveler ma cotisation au Mouvement Démocrate. Ce fut une décision assez dure à prendre, tant ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai été engagé. J’avais arrêté tout militantisme actif depuis mon départ de Lyon fin septembre dernier.
Je me rappelle du premier jour. J’étais allé frappé innocemment à la porte du siège de la fédération UDF du Rhône, un jour de janvier 2005. J’avais été accueilli par Marc Augoyard et Quentin Thevenon, à l’époque respectivement président et secrétaire général des Jeunes UDF. Ce fut le début d’une belle aventure. J’étais resté dans le wagon de ceux qui ont choisi le MoDem plutôt que le Nouveau Centre. J’avais choisi de suivre Bayrou, et je croyais en son projet, même si j’avais suivi la campagne présidentielle de loin, via le net, depuis Saigon. De retour en France, je m’étais impliqué un cran de plus au sein du mouvement jeune, en faisant campagne pour les municipales, soutenant mon ami Marc Augoyard, puis Christophe Geourjon.
Face à la crise interne du MoDem du Rhône, j’avais pris du recul en fin de campagne avant de me réengager à l’appel de Quentin Thevenon sur sa liste pour la fédération jeune, que nous avions remporté. J’occupais le rôle de responsable du pôle communication, et j’avais également été élu conseiller national.

Pourquoi ce départ? Parce que je ne crois plus en cette bataille. Mes convictions sont inchangées, je suis démocrate, je crois qu’il existe une solution viable en-dehors du clivage droite-gauche. Je crois en l’Europe par-dessus tout. Le projet présidentiel de François Bayrou était parfaitement en phase avec mes croyances. Néanmoins, François Bayrou a fait un choix stratégique que je ne peux soutenir.

Il a choisi la stratégie de l’homme seul. L’homme seul face à la puissance médiatique, l’homme seul face au clivage droite-gauche, l’homme seul face à Nicolas Sarkozy. C’est une stratégie intelligente, que je salue. Elle lui a permis, en partie, un score à deux chiffres en 2007. Mais c’est une stratégie de campagne présidentielle qui n’est pas compatible avec un parti de soutien. On ne peut pas être seul et accompagné. Et Bayrou sacrifie le Mouvement Démocrate sur l’autel de ses ambitions de 2012.

Pourquoi le Mouvement Démocrate est nu et invisible? Car sa tête ne veut pas le développer. Comment? En ne laissant pas ses forces vives le mettre en mouvement. Les forces vives du MoDem? C’est cette nouvelle génération, qui porte en elle la nouvelle façon de faire de la politique. Je pense à Quitterie Delmas, que j’avais rencontré à Lyon, à l’occasion d’un tractage lorsqu’elle était candidate à la présidence des Jeunes UDF. Je pense à l’équipe des Jeunes Démocrates du Rhône, qui se démène pour faire une vraie politique tournée vers des actes concrets auprès de la population, et qui obtient clairement de meilleurs résultats que les aînés (cf. le très bon post de Romain Blachier sur la situation dans le Rhône). Les « vieux »? La plupart ont quitté le navire à la création du MoDem, trop à gauche pour eux, ou par peur de perdre leurs postes.

Aujourd’hui, je soutiens le projet de Bayrou, mais pas sa stratégie, même si, je le répète, même si elle est cohérente vis-à-vis de ses ambitions. Seulement, je ne bats pas en politique pour les ambitions d’un homme, je me bats en politique pour une vision de la société, pour des solutions, pour des convictions partagées, qui rassemblent. Je me serais battu pour le Mouvement Démocrate. Les Jeunes Démocrates font un travail formidable que je salue. Mais sans soutien de la tête du parti, le travail est quasiment vain au final. Le Mouvement Démocrate ne représente plus grand chose en réalité à l’échelle nationale, et je le quitte par fatigue. Je comprends d’autant plus aujourd’hui l’amertûme qu’a du ressentir Christian Saint-Etienne quelques mois plus tôt. Et le découragement tout récent de Quitterie Delmas.

Bon courage à mes anciens camarades, et bonne chance à François Bayrou.

6 Comments
  • Hervé Torchet
    Posted at 02:21h, 20 février Répondre

    Concernant Quitterie, il ne s’agit pas d’un découragement, mais d’un changement de stratégie et d’un recentrage sur des objectifs fondamentaux, qui va s’exprimer bientôt.

  • Unimaru
    Posted at 10:57h, 20 février Répondre

    Bonjour Hervé. Je soulignais avec ce découragement l’avis de Quitterie sur le « plafond de verre » au-dessus de la nouvelle génération politique. Quitterie ne quitte néanmoins pas le MoDem pour les mêmes raisons que moi, en effet.

  • Gonzague
    Posted at 15:00h, 20 février Répondre

    youhou une vraiieeeee tagline 😛

    Bon par contre trop de politique tue la … euh mon cerveau 😉

  • Nico
    Posted at 15:09h, 20 février Répondre

    Bon, je ramène ma poire hein, forcément 🙂 Je suis d’accord sur le constat sur Bayrou : ego surdimensionné. Il s’est persuadé qu’il avait un destin élyséen et est prêt à prendre n’importe quelle posture politique pour y parvenir.

    Par contre, je ne te suis toujours pas sur sa « politique ». Son histoire d’ouverture est vraiment brouillonne. Ce qu’il nous a expliqué, c’est qu’il connaissait des gens bien à droite et à gauche, que ces gens avaient trop honte pour exprimer publiquement une hypothétique estime pour lui, mais qu’ils allaient tous le rejoindre quand il serait au pouvoir.

    Enfin, on peut être économiquement de droite et mais plutôt de gauche sur les questions sociétales. En même temps, être pour l’euthanasie et le mariage homo, est-ce que c’est vraiment être de gauche ? Y a des pro à droite aussi. Dans tous les cas, on n’a pas besoin de François Bayrou pour ça. Surtout que sur les questions de moeurs, il est encore plus à droite que Sarko :-/

  • Chalotte
    Posted at 22:01h, 21 février Répondre

    OOOOOOOOOOOOOh non…
    Franck ça me rend très triste. Moi j’me disais toujours que t’allais revenir à Lyon et nous faire encore des trop belles affiches/plaquettes/tracts… Bou. C’est comme dans Harry Potter quand quelqu’un d’important meurt (je dis pas qui, sinon on va me tuer on sait jamais si quelqu’un a pas lu… tout est possible) ben moi je me dis toujours, même si j’ai lu tous les livres, qu’en fait il est pas mort et qu’il va revenir.
    M’enfin en tous cas merci pour ton article qui fait/fera plaisir à tous les jdem(69) qui t’ont connu toi et tes jolies cravates et travaillé avec toi (mais pas tes cravates).
    Une grosse bise à toi puis peut être à bientôt (d’un autre coté peut être qu’il est possible que frankie (pas toi, l’autre) change un peu de stratégie..? du coup j’aurai eu raison de me dire que tu reviendras peut etre).

  • Benoît
    Posted at 13:55h, 24 février Répondre

    Je m’associe à Charlotte même si je ne parlerai pas de tes cravates !!
    Je respecte ton choix. Je suis persuadé au fond de moi que tu reviendras un jour dans la famille démocrate. Tu vas nous manquer pour les Européennes ! SNIF…

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