Recrutement: Roger ou la hantise de la chaise vide

« Tu vas beaucoup nous manquer.
– Allez bon vent !
– Tu reviendras nous voir de temps en temps hein ?
– Champagne ! »
Ca te rappelle quelque chose ? Umh, oui, je le sais, ça sent le vécu, toi aussi tu as vu fuir un(e) ex-collègue ? D’ailleurs, pour faire simple, nous l’appellerons Roger, oui Roger…Ou Jean-Louis… umh non, Mathilde alors ? Bref, revenons à Roger.

Roger est mon collègue, il est le tient aussi, il est celui de tout le monde (sacré lui, il est partout), mais voilà, après des mois, des années de rires (ou de silences), d’aventures (ou de coups dans le dos), notre cher Roger s’en va vers un nouveau destin. Allez, salut Roger !

Et là, c’est le vide. Car oui, que tu aimais ou non Roger, il avait sa place et maintenant, son bureau vide ne te semble plus aussi familier et tandis que tu regardes cet endroit presque avec nostalgie, tu te demandes « mais qui sera son (sa) remplaçant(e) ? ».

Ha, petit insouciant que tu es, la machine est déjà en marche et à l’heure où tu en es à essayer de récupérer ses post-it et stylos non utilisés, dans l’esprit du responsable des RH, le Roger, il est mort, pouf, il n’existe plus, EXIT. Intéressons-nous alors aux divers chemins qui vont te mener à avoir un nouveau Roger, tout beau, tout neuf (quoique, pas forcément plus que l’ancien).

Passons au Vous s’il vous plaît, ahem !

I. Chemin n° 1 : La voie du recrutement externe

Classique, tout un chacun envoie son cv à votre chargé de recrutement qui fait le tri dans cette marre de candidatures dont certaines semblent juste avoir pour but de faire revivre une version mail & cv de la guerre des clones.
Avec un peu de chance, vous apercevrez un ou deux candidats, mais dans la majorité des cas, votre nouveau joujou, euh Roger, sera une surprise, tel un Kinder dont le cadeau pourra aussi bien vous émerveiller (oui, j’exagère) que vous désespérer au plus haut point. Dans ce cas, vous composerez avec le nouvel arrivant et essayerez rapidement d’évaluer par vous-même ses forces et faiblesses.

II. Chemin n° 2 : La voie du recrutement en interne

Probablement le plus amusant, vous connaissez déjà surement le ou la postulant(e), ne serait-ce que de vue et vous mourrez d’envie d’avoir comme collègue Biggy Tom et ses centaines de blagues carambars qu’il semble s’être efforcé d’apprendre pour pouvoir meubler les conversations à la machine à café, ou Josette, la mère cancan de l’étage qui aurait plus sa place au FBI que dans votre service vu ses talents de fouineuse. Quoi, vous ne trouvez pas ça drôle ? De risquer de tomber sur cette personne qui fait exprès de vous fermer la porte de l’ascenseur au nez chaque fois que vous arrivez ou de celle qui s’obstine à utiliser un parfum qu’elle trouve FA-BU-LEUX mais que vous trouvez DE-GOU-TANT ?
Comme je vous comprends…mais avec un peu de chance, votre N+1 ou +2 qui prends la décision aura également repéré les gens à problèmes et poliment remercié les enquiquineurs dont certains pouvaient prendre un malin plaisir à saboter votre travail auparavant.

III. Chemin n° 3 : La voie du Piston

On en rêve, bosser avec son meilleur ami, sa cousine ou n’importe qui pourvu qu’on le connaisse ! Vous vous imaginez déjà, tel un preux chevalier, le guider et l’aider afin de faire de lui un Roger accompli et d’être les Walker et Trivette de votre entreprise. Ah ça oui alors, bonne ambiance garantie, vous rigoleriez et affronteriez les problèmes à tour de bras, vous imposant comme LA Dream Team.
Ceci n’arrivera (probablement) pas.
Travailler avec une de ses connaissances est à double tranchant en effet, en tant que personne ayant proposé sa candidature vous avez une part de responsabilité dans sa réussite mais également dans ses échecs. Après tout le dur labeur que vous avez fourni, voulez-vous vraiment être étiqueté comme celui qui a ramené « un boulet » ? Supporterez-vous de voir, dans le cas contraire, une ascension bien plus fulgurante que la votre ? Vous qui lui avez tout appris ? Il y a là un réel risque pour votre amitié alors vous devriez y réfléchir à deux fois tout de même, mais si il s’agit d’une personne de confiance alors allez y, car vu le temps que vous passez au travail, avec si près de soi quelqu’un que l’on apprécie peut vous être un immense soutien.

Reprenons le Tu, allez, ne sois pas timide.

Ça y est, le recrutement est fait et dès demain, tu auras ton nouveau Roger. Qui que ce soit, saches rester professionnel, a fortiori si c’est une personne avec laquelle tu auras de nombreux échanges et ça, peut-être pendant des années.

Ceci dit rappelle-toi qu’il existe une chose merveilleuse qui s’appelle « Période d’essai »… Enfin je dis ça, je dis rien.

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